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Les Editions Mutine

Présentation des livres édités, des auteurs, de nos manifestations. Contact mail : editions.mutine@wanadoo.fr Tél : 03 80 31 25 07

Dans la Presse

 

La Montagne

  Quotidien du 4 juin 2010

 

En tout être veille un cochon

 
Nathalie Garance publie Folles Coches, son second thriller psychologique. La suite des enquêtes du commissaire Elée qui, cette fois, suit la trace du « Cochon qui sommeille »


« Je crois que je parle français, Oxymore. Tu as quelque chose contre l’hyperbole ? ». Étrange conversation au coin d’un bar, où les lettrés se nomment Maxime, serveur surnommé Oxymore par Jules Elée, commissaire de police de son état. Muté à Clermont Ferrand, dans le Puy de Dôme, il enquête sur un triple meurtre répondant au même modus operandi. Et poursuit sa « descente aux enfers » – retour aux sources – mâtinée d’amours ambivalentes, d’univers familial trouble, de détresse psychologique. À noyer sans modération dans une bouteille de bourbon.


Des lettres et des mots

 
Nathalie Garance a des lettres. Et l’on se plaira à suivre, au fil de son récit, les multiples allusions littéraires, culturelles. Telle ce « barman cultivé, maquereau et philanthrope » citant l’homme du square. Celui des Pensées. Allusion à la statue dédiée à Blaise Pascal, natif de Clermont Ferrand. Au rôle central du « Pays de Cocagne » – peint par Bruegel – illustrant
un curieux calendrier punaisé sur les murs du commissariat. Nathalie Garance a une perception aiguisée de la psychologie de ses personnages. Féminins et masculins. Surtout
s’ils sont torturés. Encore plus s’ils doivent leur malheur à la folie, à la désespérance des uns et des autres. Nathalie Garance a une écriture. Ciselée pour l’exactitude des sentiments, l’excitation des sensations, l’horreur des situations. Crimes avec leur cortège d’odeurs et de
cruauté mais aussi parenthèses sensuelles ou gargantuesques, de « bonne chère et chair fraîche ». Toujours en filigrane, la quête et le trouble du commissaire qui alimentent la tension, jusqu’au dénouement. Où les cochons ne sont pas forcément les payeurs… 


 nathalie.jpg

 

Nathalie Garance

De la philosophie au… polar
Née en 1966 en région parisienne, Nathalie Garance grandit dans la région de Fresnes, connue pour sa célèbre prison. D’où elle s’échappe au cours d’évasions estivales en Auvergne. Elle se découvre très tôt une passion pour les « histoires » qu’elle invente sous l’un des lits de la chambre qu’elle partage avec ses soeurs. Partie à 17 ans poursuivre des études de philosophie à Nanterre, elle commence sa carrière comme institutrice. Puis revient à ses premières amours, la philosophie et l’écriture, notamment le thriller psychologique. « Dans les deux cas, quête de sens à partir d’histoires singulières ». Nathalie Garance est actuellement professeur de philosophie au lycée Sédar-Senghor de Magnanville (Yvelines).

                                                                                                                                      Roxane Pouget

 

 

 

BOURGOGNE



Photographier l'éphémère instant


Raoul Mutin était photographe professionnel à une époque ou la chose était peu courante. II travailla pendant près de dix ans au studio des frères Lumière, à Paris, avant de venir s'installer à Cessey-sur-Tille en 1903. II va gagner sa vie en photographiant cérémonies et bébés. Mais surtout, il prend également sa famille, ses proches, abandonnant toute pose figée. Et ces Bourguignons de la première moitié du XXe siècle reprennent vie. On pleure avec la fillette assise seule, sur son pot, dans la cour. On a le même regard attendri que la mère pour son enfant allongé dans l'herbe. On s'attarde avec lui sur ce repas de famille, épreuve imposée et quasi rituelle, où dans l'ombre irisée d'un bord de rivière, un dimanche d'été.
Une cinquantaine de photos qui retrace la vie d'une famille modeste, vivant au début du siècle dernier, dans un village bourguignon. En face de chacune, Isabelle et Marie-Thérèse Mutin, la petite-fille et l'arrière-petite-fille de Raoul ont brodé quelques vers.


Jocelyne REMY

Quelques bruissements d'âmes... éditions Mutine, 105 pages, 28 €



 FONTENAY NOTRE VILLE
 DÉCEMBRE 2009

Après L'Amant de Saturne, Errances est le deuxième ouvrage d'Hélène Rios-Perez, femme de lettres fontenaysiennes, à être publié aux Éditions Mutine. Entre-temps, l'auteure a été récompensée par le prix Gaston-Baissette pour Fêlure et le prix 2007 de Poésie sur Seine pour Bribes.
Ce dernier opus, dans un style profond, fait partager au lecteur toute forme d'errance : l'enfance, la mort, les dissonances des corps et des âmes, les voyages, ces aller-retours étrangers parfois stupéfiants.
Par rafale, la prose et la chair se font criantes voire se font craindre. Elles sont essentielles, gravées comme une scarification peut-être rédemptrice, à fleur de peau, pareille aux bai­sers des sulfures. Ses mots, ses vers forgés d'acide sont là pour libérer ses cris de l'âme dans une écriture stupéfiée qui ne peut s'enrichir que de ses battements tenus, de ses mots, de ses cris à rendre gorge, des caresses convoitées... Juste, encore et toujours, écrire, dépasser la feuille blanche, jours après nuits, et franchir comme un arrache-cœur les terres de l'insondable. Tout ceci semble se construire dans le bruit et les fureurs des mémoires, nous rappelant au corps et à l'esprit certaines crispations artaliennes. Hélène Rios-Perez signe là un livre puissant et au-delà d'un purgatoire, surprenant !

Errances, Les Éditions Mutine.
Prix : 12 euros


Le Bugey - aôut 2009


HAUTEVILLE-LOMPNES

« Au fil d'émois » : douze nouvelles à déguster

   
La maison des arts du festival de théâtre ouvre chaque jour, au moment de l'apéro de midi, ses portes à des artistes d'autres univers : peintres, sculpteurs écrivains etc.
Vendredi, c'est en voisin qu'est venu Bernard Chatelet, dédicacer mais aussi payer de sa personne en lisant et interprétant quelques nouvelles et personnages de son dernier bouquin « Au fil d'émois ».

« Je me considère un peu comme un caricaturiste »

Originaire de Neuville-les-Dames, l'auteur reste un brin chauvin : « II y a deux entités au monde de valeur égale : les Dombistes et les autres ! », dit -il en s'excusant presque, car qui aime bien châtie bien, et les travers de ses congénères, il sait à merveille les faire remonter à la surface. « Un jour j'en ai eu marre des « gros culs », de conduire ces 38 tonnes au sein de l'entreprise familiale, et j'ai décidé, avant la retraite d'aller voir ailleurs ». Cet ailleurs était en réalité tout proche : « Depuistout petit j'aime écrire, et déjà dans les compositions françaises j'étais au dessus du lot, alors j'ai décidé d'écrire ».
Aujourd'hui il sort son 9e opus, un livre de douze nouvelles, douze petits bijoux ciselés dans son style si particulier, plein d'un humour tour à tour tendre et caustique qui n'est pas sans rappeler Bobby Lapointe. « Je me considère un peu comme un caricaturiste, j'aime bien grossir le trait, mettre en lumière les caractères hors du commun, et à la campagne ils ne manquent pas. Mais j'ai toujours une certaine tendresse avec mes personnages, je ne suis jamais vraiment méchant ! ». Alors tout y passe depuis le paysan en passant par le notable, chacun pourra y reconnaître un de ses proches. Un livre à déguster comme autant de mignardises avec du rire au travers des nouvelles comme Au nom de ma sœur, de l'émotion, de la pudeur dans Le dialogue des cheminées et de la tendresse dans Mariotte. Mais attention, pas question avec Bernard Chatelet, pour paraphraser Boris Vian, d'aller « Cracher sur vos Dombes », car son pays il l'aime trop et cela il ne le supporterai pas.




Le Bien Public - 15 février 2009

EDITION REGIONALE
Polar rural en forme de blague littéraire
 
     Voilà un roman comme on n'attend pas chez un éditeur régional. Un de ces livres qu'on prend, qu'on retourne, qu'on lit en s'interrogeant... et qui laisse des souvenirs quand on a refermé l'ouvrage.
     Un homme s'enfuit un jour de pluie et de vent comme en secrète parfois l'automne. Une femme en rosé fluo court à son tour en talons hauts et jupe étroite... Voilà qui sonne comme un pari, un défi que se lance l'écrivain. Une situation imposée pour débuter un roman. A lui ensuite d'en faire un moment de passion...
     Virginie est un écrivain en panne. Un écrivain qui eut un succès d'estime, crut son heure arrivée et depuis regarde sa feuille blanche. Son éditeur - grand-père -qui l'a soutenu ne croit plus vraiment en elle et voudrait bien un peu rentrer dans son argent. Et si elle écrivait un roman policier: « ça se vend ! ». L'histoire dès lors se noue... et Constance Hélivérac s'amuse à nouer avec une belle habileté le conflit écrivain-éditeur, et l'histoire policière que l'auteur est contraint d'écrire suppose-t-on.
     Voilà un livre qui réclame attention et habitude des fantaisies auxquelles se livrent parfois les auteurs... Non amateurs s'abstenir ! Mais il recèle quelques paragraphes à lire, relire, jolis portraits d'humanité, personnages attachants comme un Sourdillon, ou une Miss qui cherche à échapper un quotidien quelque peu... ordinaire.

Et pour les fans...

     Les Éditions Mutine font une opération portes ouvertes le 7 mars, de 14 à 18 heures. C'est l'occasion de découvrir l'ensemble des parutions de la petite maison d'édition bourguignonne et de ses activités. Diverses expositions seront proposées dans ce cadre à la salle polyvalente de Cessey-sur-Tille, comme celle de peintures d'Alain Bal, des poupées en porcelaine de Marie-Claude Garcia, de quelques photographies de Raoul Mutin (le grand-père de la présidente des éditions Marie-Thérèse), d'aquarelles d'Anne Bussières. Un spectacle est également prévu à 17 heures, où la troupe Trois petits points...  de Marie Hernandez-Houpline interprétera un texte inédit de Laurent Vignat (un auteur de chez Mutine) L'estropiée.

J.REMY




Voix de l'Ain - janvier 2009

 VIENT DE PARAÎTRE

Au fil d'émois...
de Bernard Châtelet

     Bernard Châtelet est un auteur atypique de par son style et l'humour qu'il déploie dans ses écrits. Au fil d'émois..., est un recueil de nouvelles. Le premier de cet écrivain qui a déjà publié plusieurs romans. « J'ai eu envie de m'amuser », confiait-il peu après la sortie de ce livre. Ce format est aussi un moyen de séduire des lecteurs qui aiment de plus en plus picorer.
     Les histoires de cet ouvrage se déroulent en partie en Dombes, une région à laquelle Bernard Châtelet est très attaché. Il en joue d'ailleurs souvent dans ses livres  Ces nouvelles mettent en scène des personnages de la vie quotidienne, racontent la solitude ordinaire, dans les petites communes de la Dombes et de France. Mais ces sujets sont évoqués avec une certaine distance, avec beaucoup humour. Et l'auteur éprouve énormément de tendresse pour ces personnages. Dans les deux derniers textes, il narre de manière cocasse son passage au festival de Cannes - alors qu'il était récompensé pour l'une de ses nouvelles - et il évoque la venue de journalistes d'une radio nationale en Dombes, et comment ce qui devait lui permettre de faire découvrir cette région à la France entière, s'est révélé un fiasco total... Plusieurs de ces textes ont été récompensés. Histoire d'image ! a ainsi remporté le premier prix national du concours Jean Lès-cure (650 participants), organisé par l'Association française des cinémas d'art et d'essai, le Centre national du cinéma et le Centre national du Livre.

CAROLINE GUÉRIN



Voix de l'Ain - Vendredi 10 octobre 2008


BERNARD CHATELET, AUTEUR
« L'auteur lucide a toujours des doutes »
 
Bernard Chatelet publie pour la première fois un recueil de nouvelles. Pour accompagner la sortie de ce livre, il organise deux soirées au cours desquelles ses nouvelles et celles d'autres auteurs du département seront lues, mises en scène et en images. Rencontre.


Pourquoi avoir choisi de mettre ce livre en spectacle ?
Il sort un nombre incalculable de livres. Leur durée de vie est de quinze jours, sauf pour les cinquante plus médiatisés. Un livre ne fait son chemin que si son auteur le porte. J'hésite à publier depuis deux ans. Des tas d'auteurs - j'en fais peut-être partie - ont écrit des choses inintéressantes. Je participe régulièrement à des rencontres avec des lectrices (elles sont plus nombreuses que les lecteurs !), cela donne lieu à des échanges agréables, je fais des lectures. Après nous pouvons échanger, parler de l'écriture, de l'édition. J'avais fait du théâtre en amateur, j'ai repris depuis quelque temps. J'ai eu l'idée de mettre en scène deux, trois nouvelles. J'ai appelé des copains (des auteurs du département, N. D. L. R.) et je leur ai demandé d'écrire. Ils ont tous été enthousiastes. Je voulais des textes de trois minutes, ils ont tous écrit beaucoup plus. J'ai donc coupé le spectacle en deux. Il y en aura un à Attignat, le 11 octobre la veille du Salon du livre et un autre à la Citadelle à Bourg-en-Bresse, le 25.
Comment vont se dérouler ces deux soirées ?
Le 11 octobre, la veille du Salon du livre d'Attignat, les nouvelles seront théâtralisées. C'est Nathalie Blin qui assure la mise en scène. Elle a également sélectionné les comédiens. Arnaud Colignon assurera les intermèdes musicaux. Il a fait des compositions autour des nouvelles qui seront présentées. Les nouvelles seront théâtralisées, lues, des projections sur écran seront réalisées (de dessins humoristiques), Jean-Marc Le Bréüs exposera certaines de ses aquarelles et des dessins humoristiques. À la Citadelle, nous verrons ensuite en fonction de ce qui a pu être lu lors de la première soirée. Tous les participants travaillent beaucoup, ils prennent cela très au sérieux.
Pensez-vous que trop d'ouvrages soient publiés ?
C'est bien que beaucoup de livres sortent, mais il ne faut pas être dupe. Les auteurs n'écrivent pas pour satisfaire un besoin de lecteur mais leur besoin d'auteur. Il ne faut pas non plus que les auteurs critiquent le système, nous sommes les premiers responsables. Le livre ne peut être porté par personne d'autre que par son auteur. J'ai de la chance, mon éditrice publie quatre livres par an. Elle consacre énormément de temps à la promotion.
Dans le département, les auteurs se connaissent, vous organisez des manifestations ensemble, des lectures... Est-ce une force ?
C'est la collection des petits polars (aux éditions Nvkta, N. D. L. R.) qui nous a réunis. Cela a permis de belles rencontres. Et c'est vrai que le fait d'organiser des événements ensemble nous permet de nous faire connaître.
Pourquoi avoir choisi d'écrire des nouvelles ?
Il sort beaucoup trop de romans. Les lecteurs picorent à gauche à droite et je pense que l'on a plus de chance d'être lu avec de courtes nouvelles qu'avec un gros roman. Et puis j'ai eu envie de m'amuser.
Vous écrivez très souvent sur le département et surtout sur la Dombes. Pourquoi ?
Je suis d'ici, j'ai toujours vécu dans la Dombes, j'en suis imprégné. J'ai les deux pieds dans la glaise... Mais c'est aussi un jeu. Je joue à être plus attaché à la Dombes que je ne le suis en réalité. Je m'en sers comme décor, c'est tout. Je la connais bien, je m'en sers comme point d'appui. Je ne veux pas être un auteur régionaliste.
Plusieurs de vos nouvelles ont été récompensées. Est-ce important pour un auteur ?
L'auteur lucide a toujours des doutes. Et il est toujours content quand on les lui enlève...

PROPOS RECUEILLIS PAR CAROLINE GUÉRIN


Au fil d'émois... Bernard Chatelet. Éditions Mutine. Dijon, 2008.
Nouvelles d'automne, deux soirées consacrées aux nouvelles de Bernard Chatelet, d'auteurs du département et de Marguerite Yourcenar. Samedi 11 octobre à 20h30 à l 'espace Salvert à Attignat (la veille du Salon du livre d'Attignat, voir programme en pages loisirs) et samedi 25 octobre à 20h30 au Théâtre de la Citadelle à Bourg-en-Bresse. Histoire d'image ! a par exemple remporté le premier prix national du concours Jean Lescure (650 participants), organisé par l'Association française des cinémas d'art et d'essai, le Centre national du cinéma et le Centre national du Livre.




Le Bien Public - 12 octobre 2008


Emois et moi, un mois...



au-fil-d--mois.jpgBernard Chatelet, c'est l'auteur favori des Éditions Mutine. On sait le franc-parler et le sens de l'humour de l'ancien responsable de logistique (les camions) devenu écrivain. On lui doit déjà un balai et un mouton pas piqués des vers. Le voilà qui se lance dans la nouvelle.
Car de page en page, de chapitre en chapitre, c'est toujours un peu la même histoire qu'il raconte. Un texte à épisodes où son style à l'emporte pièce de conteur fait merveille.
Soyons clairs d'emblée : Bernard est le fils caché d'Anthony Quinn, dit-il, ce qui lui donne des droits et des idées bien à lui sur le cinéma et quelques délires au fil des pages de surplus. Et quand il abandonne Anthony Quinn et toute sa petite famille pour Marie, Madeleine, ou Florence... et la Dombes profonde, le ton est toujours le même, faussement naïf et plein d'humour.
Quant aux deux derniers textes, sur Bernard à Cannes et Bernard interviewé par France-Culture... ils sont à savourer !
Un livre dont on sort léger, léger... et le sourire aux lèvres.

Hier soir, Bernard Chatelet lisait en avant-première certaines de ces nouvelles à Attignat (dans l'Ain)

J. REMY





Le Bien Public le 22 juin 2008


laurent.jpgPortraits de genre

     Quand il n'est pas professeur de lettres au collège de Givry, en Saône-et-Loire, Laurent Vignat écrit des romans. Des textes qui mettent en lumière des personnalités décalées, absurdes et profondément humaines. Comme si simplement ils avaient du mal à s'intégrer à une société qui ne leur ressemble pas. On se souvient du souriant Lignes de rive, qui a d'ailleurs été récompensé du 2nd prix du Conseil général de Saône-et-Loire. Ce road movie étonnant rassemblait dans une voiturette sans permis deux « à part » de notre société - un ouvrier à la re­traite et un professeur de philosophie obèse - roulant sans fin sur des routes de campagne à la recherche d'on ne sait quel fantasme.
Dans Une saison en campagne qui vient d être publié chez le même éditeur Mu­tine, Laurent Vignat manifeste une fois encore son goût pour les personnages hors norme. Cette fois-ci il peint - plaisamment- les difficultés d'intégration à notre société d'un jeune poète plein d'idées et d'initiatives qui ne sont pas forcément au goût des habitants du petit village où il s'est installé.
Et ce d'autant plus qu'il se laisse manipuler en toute naïveté ou presque par les différents clans villageois, en pleine effervescence en période électorale, il est par exemple difficile dans une toute petite ville d'être à la fois employé municipal et de soutenir un candidat opposé au maire actuel il l'apprendra à ses dépens. Mais Valère est un poète qui a plus d'un tour dans son sac connaît des gens très bien... et écrit son journal pour notre plaisir à nous.



J. REMY







Le Bien Public mai 2008

Femme et politique à la fois


    Ellesource.jpg fut institutrice. Elle fut une femme politique engagée et élue comme conseillère régionale et députée européenne. Elle est aujourd'hui à la tête d'une petite maison d'édition à son nom, où elle publie à la fois des textes poétiques et des romans engagés.
    Mais Marie-Thérèse Mutin est aussi un écrivain, un vrai. Un de ceux qui racontent des histoires et qui ont quelque chose à dire. Des romans où la politique n'est jamais absente, mais qui n'y reste non plus pas seule : l'humain n'est jamais loin.
    Et c'est encore le cas pour son dernier ouvrage, qui vient de paraître aux éditions de l'Armançon, Et la source est tarie où buvaient les troupeaux.
    Un roman où sont étroitement mêlés politique et histoire d'amour, de 1988 à 1993, le temps d'une mandature. Le temps aussi d'un virage politique au sein du parti socialiste.
    Anne, alors qu'elle est sûre que tout va bien et qu'elle est impliquée dans le combat politique, est quittée par Pierre, le député, après vingt ans de vie commune. C'est aussi le moment où le parti socialiste, dont elle est l'une des responsables, évolue en un sens qui n'est pas forcément celui qu'elle souhaite : « Le PS était devenu une machine à fabriquer des élus pour on ne sait quel projet ». Anne alors s'interroge. N'a-t-elle pas été trop intransigeante ? A quoi bon ces combats d'idées si tout autour d'elle ne devient que compromissions ? A quoi bon avoir cru partager la vie, les idées, les combats d'un homme, s'il peut vous quitter ainsi pour quelqu'un qui est votre exact opposé, politiquement et sentimentalement ?
    Au fil des pages naissent quelques désillusions - on appelle ça aussi la lucidité de l'expérience - et l'espoir pourtant, tenace, d'un futur ouvert pour le bébé de Claire, sa fille.
    Un livre sensible et profondément humain, une belle histoire autant qu'une réflexion sur le combat des idées. Et si l'on n'était parfois que le comédien de ses premières sincérités ?

J. REMY


« Et la source est tarie où buvaient les troupeaux », de Marie-Thérèse Mutin, éditions de lArmançon (144 pages sous couverture illustrée, 16,50€).







 Le Journal du Palais juin 2008

 


Marie-Thérèse Mutin

La mémoire militante

    L’ancienne secrétaire fédérale du PS de la Côte d’Or, qui fut conseillère régionale et députée européenne, est restée une militante… de la littérature, qu’elle sert avec passion en animant les éditions « Mutine ».

    Cessey-sur-Tille. Rue des Vernottes, anciennement rue des Baraques. La maison est modeste et basse de plafond. Elle a été achetée en 1927 par le grand-père Raoul, photographe, frère du curé du village, et père de Camille, militaire de carrière. Marie-Thérèse Mutin est née dans une famille très catholique où l’on ne plaisante pas avec la morale. Bonne élève, la petite intègre l’École normale de jeunes filles, à Dijon, où elle passe quatre années très dures, « à bosser tout le temps ». À la rentrée de 1960 – elle a juste 20 ans – elle fait ses premières armes à l’école de Varanges, près de Genlis. Une chance : « La terreur des nouvelles institutrices, c’était d’être envoyée dans le Châtillonnais ! ». Bientôt, dans un village voisin, elle est chargée d’une « classe unique » (vingt élèves âgés de 4 à 14 ans) un peu comme dans le film Être et avoir. Son meilleur souvenir. Une vie qui aurait été toute simple si, un jour de décembre 1965, en pleine campagne présidentielle, elle n’avait entendu son frère André, lui même ouvrier à Auxonne, ronchonner : « Et tu crois que ton De Gaulle va faire quelque chose pour les ouvriers ? ». Marie-Thérèse ruminera longtemps la remarque. Elle se sent « de gauche ». En 1971, elle accepte de figurer sur la liste municipale de son village. Elle adhère à la Convention des institutions républicaines, un petit parti dirigé par un certain François Mitterrand qui va devenir, au congrès d’Épinay, le fer de lance du nouveau Parti socialiste. La gauche est alors durablement dans l’opposition. On ne s’y bouscule pas pour prendre des responsabilités. En 1974, elle devient maire de Cessey. Le PS de Côte-d’Or lui propose d’être secrétaire fédérale aux entreprises. Elle comprend « secrétaire » : cela lui convient, elle sait taper à la machine ! Elle découvre alors les conflits sociaux. Elle décrira plus tard « les petits matins blêmes et glacials à la porte des usines,les doigts gourds de froid qui ont du mal à saisir le tract dans le paquet coincé sur l’avant-bras et les moqueries affectueuses des ouvriers : “Alors les socialos ! Déjà levés ? Ca vous change de vos horaires de profs !” ». Trois ans plus tard, les « lendemains qui chantent » se sont tu : l’Union de la gauche est morte, les espoirs de Mitterrand se sont envolés, les législatives de 1978 se présentent très mal. Le PS en Côte d’Or se noie dans les bisbilles internes : on lui propose de devenir premier secrétaire, pour calmer le jeu jusqu’aux élections. Les militants l’élisent à l’unanimité. Mais quand un an plus tard, Pierre Joxe lui demande de démissionner, elle refuse. Au nom de quoi ? C’est aux militants de décider ! Elle monte à Paris demander l’arbitrage de Mitterrand… et l’obtient : Joxe ne lui pardonnera jamais. Marie-Thérèse rencontre plusieurs fois Mitterrand, elle apprend les courants, le jeu des motions, les manoeuvres de couloir, les grosses combines et les petites intrigues. En 1986, puis en 1992, elle est élue conseillère régionale. En 1997, elle sera même députée européenne par défaut : figurant en 23ème position sur la liste présentée par le PS en 1994, elle est promue quand tous les premiers de la liste, après la dissolution surprise, intègrent le gouvernement Jospin ou le Palais Bourbon ! « Je n’ai pas aimé, à Bruxelles, ces élus dépolitisés devenus des spécialistes du pourcentage de graines végétales dans le chocolat ! L’Europe ne fait pas assez de politique ! ».



1939
Naissance de Marie-Thérèse Mutin
1960
Premier poste d’institutrice à
Varanges.
1977
Premier secrétaire de la fédération
PS de Côte-d’Or.

EHMUTIN-002.jpg
1995
Fonde les Éditions Mutine.  
1997
Députée européenne (pendant
                                    deux ans)                                             
1998
Exclue du Parti socialiste
 2008
Publie Et la source est tarie où
buvaient les troupeaux (Éditions
de l’Armançon)


AU SERVICE DE SES AUTEURS

     Mais les temps ont changé, au PS : le pouvoir a aiguisé les ambitions. Les militants ont cédé la place aux apparatchiks. En 1990, au lendemain du congrès de Rennes où elle est cataloguée « popereniste » (un souscourant du « courant A » dirigé par le ministre Jean Poperen), elle est brutalement débarquée de son poste de secrétaire fédérale de la Côte-d’Or. Un épisode qu’elle raconte avec émotion dans son tout dernier roman, Et la source est tarie où buvaient les troupeaux (Éditions de l’Armançon). Elle se vengera en 1998 : biffée de la liste régionale par la direction du PS, la rebelle mène une liste dissidente qui obtient plus de 5 % des voix et lui vaut, pendant six ans de mandat, d’être ignorée de ses anciens « camarades ». Exclue du PS ! Dans son roman, son héroïne accuse le choc : « Qu’allait- elle faire de toutes ces heures libérées ? Plus de réunions aux quatre coins de la Côte-d’Or, plus d’articles, d’éditos à rédiger,de négociations avec les partenaires de gauche, de réunions de formation, de campagnes électorales,de meetings,de fêtes de la rose à organiser ! ». En 1995, Marie- Thérèse Mutin fonde les éditions Mutine  – un nom qui lui va bien. L’ex-institutrice a toujours aimé lire et écrire. Elle a même publié naguère un petit roman historique, Catherine de Châteauneuf, puis un livre plus personnel, Vive la politique ! Éditeur, c’est aussi servir les autres. Mutine, c’est un réseau d’amateurs fidèles, une trentaine d’auteurs et, chez elle, un capharnaüm de livres et de manuscrits. Marie-Thérèse s’occupe de tout, de la préparation des textes à l’organisation de signatures. Et tant pis si tous ses livres n’atteignent pas le millier d’exemplaires comme En attendant la canicule, de Jacques Thomassaint, ou son propre petit polar Meurtre au palais des Ducs, paru aux éditions Nykta, une fiction jubilatoire où elle règle quelques comptes avec ses anciens compagnons de lutte. Mais le roman, la littérature et le rêve ne sont-ils pas plus efficaces que la politique quand on veut « changer la vie » ?


Bernard LECOMTE



Le Journal de Saône-et-Loire juillet 2008



Givry
Un second roman et des projets pour Laurent Vignat


    Deviser avec Laurent Vignat n'est jamais chose anodine, et peut rapporter gros sur le plan intellectuel s'entend pour qui accepte de se fondre dans son paysage et d'en effeuiller le non-dit. Côté cour, le Givrotin, professeur de lettres depuis treize ans, va entamer sa 5ème année au collège « Le Petit Prétan ». Côté jardin : la passion viscéralement ancrée de l'écriture qui l'a conduit à publier à maintes reprises sous telle ou telle forme. Entre autres, deux romans.
    Le premier : Lignes de rive , sorti en septembre 2006, vendu à près de 600 exemplaires, a été l'objet d'une distinction : le 2ème prix de la création littéraire de Saône-et-Loire. Et grâce au bookcrossing (abandon d'un livre à l'endroit de son choix, par le club de lecteurs de Genlis en l'occurrence), il éprouve la joie indicible d'avoir été lu par exemple en Syrie, aux U.S.A. !



Correction-img280.jpgLaurent Vignat a toujours été intéressé par
 le rapport entre littérature et poésie


    Bis repetita pour l'écrivain dont la matière grise a accouché d'un second roman au début de la présente année, appelé  Une saison en campagne. Soit les tribulations d'un poète un peu marginal qui prend pied dans un village boborural en tenant un journal intime, et d'un orthodontiste animé par des velléités électorales. Pas à n'importe quelle période... celle durant laquelle la campagne municipale bat son plein, avec des personnages épais émancipés du piège caricatural, et sous la plume d'un concepteur foncièrement bon. Toute ressemblance...
    Ça ne manque ni de sel ni de profondeur de champ, le créateur n'ayant pas pour habitude d'endormir ses interlocuteurs avec des textes dépourvus de points d'impact ! « Un livre, c'est une rencontre. Globalement, j'ai l'impression d'avoir dit ce que je voulais dire ; le résultat est toujours imparfait, mais j'ai l'impression d'avoir toujours donné le meilleur de moi-même. J'accepte le livre avec ses qualités et ses défauts ». Perpétuellement faiseur de phrases ciselées à géométrie variable -sa demi-heure journalière de cogitations passée à déflorer la page blanche est impérative- l'auteur lutte contre l'angoissante fuite du temps. « L'écriture c'est addictif, une forme de thérapie et la volonté de sculpter ses phrases, de trouver le bon rythme. Un écrivain, c'est quelqu'un qui cherche à écrire avec la langue, et contre la langue. L'écrivain, c'est celui qui va travailler à rebrousse-poil de ses clichés. L'objet de la littérature : inventer une langue dans la langue », dit-il.
    Laurent Vignat lorgne déjà sur son prochain roman qui aura en guise d'arène une déchetterie, ou les coulisses d'une société qui ne devraient pas être banales.
    Avant ceci, le Givrotin envisage deux desseins au profit de la bibliothèque dont l'un, le premier, est subordonné au résultat des élections municipales du mois de septembre, car notre homme faisait partie de l'équipe communale récemment éclatée par le préfet... et repartirait de plus belle si d'aventure la liste de Daniel Villeret reprenait le pouvoir. « C'est au niveau des adultes que ça pêche. J'ai l'intention de faire un prix des lecteurs de tous âges, avec un thème ».
    Quoi qu'il advienne, l'atelier d'écriture verra le jour, autour de l'autobiographie, la poésie. Et l'instigateur, qui ne sera pas l'unique porteur de projet, de souhaiter la participation des personnes âgées de la résidence « Aux Sept Fontaines ». Dernier vœu exprimé : la valorisation des registres paroissiaux de Givry, peut-être en collaboration avec un universitaire. Quand l'on vous affirmait que l'enrichissement à son contact n'était pas une vue de l'esprit...

Michel POIRIAULT