« Un rayon de soleil perce le berceau des feuillages et atteint mon visage. Je rouvre les yeux. Penché sur moi, murmurant, silencieux, un grand hêtre gris brille dans la pénombre. Je passe mes doigts dans mes cheveux, regarde la trace rouge sur ma main, puis me redresse en m’appuyant aux racines de l’arbre dont j’entoure le tronc lisse et large. De grands hêtres gris brillent dans la pénombre. Toutes mes sensations paraissent décuplées. Je frotte la paume de ma main contre les troncs veloutés, troublé par l’étrangeté de cette caresse plus riche qu’une parole, car ce sont alors tous les sens qui, par elle, se mettent à chanter. Tout en moi résonne, se hume, se goûte, se savoure ; tout soudain se détend, se lisse, s’assouplit, s’arrondit ; dans mon cœur et mon corps, entre mes bras ouverts à perte de troncs, la forêt se love en spirales, en courbes tendres, en volutes vertes, en cercles de cendre. Enfant fugueur soudain retrouvé, jeune arbre jailli de l’humus d’une mémoire plus ancienne que moi, c’est en ce lieu qu’à cet instant je crois renaître à la bienfaisante féminité de la forêt. »
Un jeune lettré un peu déboussolé, s’en va vivre un automne dans un chalet d’alpage avec quelques quintaux de livres. Là-haut il va écrire, marcher, observer, douter, espérer, et tenter de passer son « épreuve du dehors » comme l’Indien en lequel il se rêve…
Entre descriptions naturalistes et questionnements littéraires ou intimes, J’écoute résonner les grillons dans ma mémoire indienne retrace et prolonge trente ans plus tard ce séjour refondateur, faisant au passage l’éloge des chemins qui bifurquent, des livres salvateurs et du rhododendron ferrugineux…
Une belle écriture poétique qui saisit avec la même légèreté les paysages changeants de la nature et de l’esprit et met scène un personnage sympathique et touchant.
Vous pouvez le commander à :
/image%2F1460685%2F20250903%2Fob_4b5da5_edfa821f-e9e7-40ae-b699-fa2f3fb9d156-1.jpg)
Commenter cet article